L’éruption du volcan de White Island, en Nouvelle-Zélande, a coûté la vie à 16 personnes, un bilan qui aurait pu s’avérer beaucoup plus lourd. Au total 47 touristes s’étaient en effet enhardis pour le visiter, quand il s’est réveillé le 9 décembre à 14h11 heure locale. Deux corps sont toujours portés disparus, et vingt-six blessés restent hospitalisés sur le pays et en Australie.

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Eruption volcanique en Nouvelle Zélande, aucun survivant sur White Island
Credit : rtbf
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Un volcan en sommeil :

Comme le soulignent les spécialistes, mieux vaut se méfier de ceux qui dorment, pour autant sur cette île inhabitée personne n’a semblé vraiment s’en inquiéter. Située à 48 kilomètres des côtes Nord du pays, son volcan est néanmoins réputé être le plus actif de Nouvelle-Zélande. Pour l’heure les risques ne sont pas écartés, une grande prudence est observée.

Un réveil explosif :

La tragédie aurait visiblement pu être évitée, selon les relevés sismographiques parus alors, bien mal en a pris aux intrépides qui s’y sont engagés. Une lueur restait visible encore ce week-end, « ce qui confirme la présence d’un important flux thermique » souligneGeoff Kilgour, qui surveille l’activité sismique et volcanique dans l’archipel. Observations confirmées par des repères aériens, prouvant que le cratère demeure actif et continue d’émettre des gaz en grande quantité.

Une île instable :

Peu après l’explosion John Tims, le commissaire adjoint chargé des opérations de sauvetage, avait déclaré que les manœuvres étaient par trop dangereuses. L’activité volcanique laissant planer le risque d’une nouvelle irruption à tout instant, y retourner s’avère aventureux  pour les services de secours et le personnel. L’Île Blanche gardera longtemps les traces de cette catastrophe naturelle, avant de pouvoir à nouveau être explorée.

Un triste constat :

Selon les autorités de la police locale, aucun signe de vie n’a pu être observé depuis, aussi l’éventualité de victimes piégées est désormais écartée. Les victimes sont d’origine néozélandaise mais des touristes britanniques, américains, australiens, malaisiens et chinois en font également partie. Une vidéo amateur a montré en direct un groupe marchant le long du cratère, composé d’une dizaine de personnes, quelques secondes avant que les images ne disparaissent.

Une croisière avortée :

Parmi la trentaine de vacanciers, embarqués à bord du navire Ovation of the Seas, un certain nombre s’était rendu sur l’île en visite guidée du volcan. Appareillé de Sydney pour une croisière de 12 jours, le navire a une capacité d’accueil de 4.000 personnes. Un des touristes a repris la mer juste à temps, c’est ainsi que Michael Schade a filmé quelques-uns d’entre-eux, piégés sur le rivage dans l’attente d’une évacuation.

Un sauvetage périlleux :

Sous un ciel rempli de cendre, dans un nuage de fumée blanche épaisse, un hélicoptère a été endommagé aux abords. Un pilote et quatre touristes ont été retrouvés et évacués sur Whakatane, ils avaient atterri sur l’île peu de temps avant l’éruption. Un des bateaux touristiques s’est chargé de leur rapatriement, en plein désarroi mais sains et saufs, du moins pour certains. Une visite qualifiée d’inoubliable, dont chacun d’entre-eux se souviendra.

Un risque calculé :

Pour servir d’abri en cas d’éruption, un conteneur de 2,4 tonnes avait été déposé sur l’île en 2016. Mais quand bien même celle-ci fut considérée comme modérée, sur des kilomètres à la ronde un panache d’épaisse fumée blanche pouvait nettement se distinguer. De fréquentes éruptions ont eu lieu ces 50 dernières années mais, malgré un niveau d’alerte qui s’était élevé voici quelques semaines, rien ne laissait supposer un éclatement aussi instantané.

Sans pour autant porter la prudence à son paroxysme, en interdisant désormais toute visite du volcan, mieux vaudra demeurer méfiant à l’avenir. N’oublions pas que la dernière éruption majeure, dans l’histoire récente,  date de 2000 et qu’elle a formé alors un nouveau cratère. La Baie de l’Abondance, dans laquelle White Island est située, a connu plusieurs alertes depuis, dans les années 2012, 2013 et 2016. Un palmarès inquiétant pour ce stratovolcan andésite actif.

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